
Chris McDaniel au Blues Hall, le 29 septembre 2016
Sur la Beale Street, à Memphis, Chris McDaniel et son groupe jouent plusieurs fois par semaine au Blues Hall. Après des années sur la route, il s’est installé dans la ville de son enfance et chante là où de grandes légendes du blues ont débuté. Mais maintenant, il est surtout question de « fun » dans cette rue, où la fête se mêle à la musique live.
En poursuivant la fameuse route du blues, de Chicago à La Nouvelle-Orléans, la ville de Memphis est un stop incontournable pour les amateurs de musique. Elvis Presley, B.B King, Jerry Lee Lewis et bien d’autres sont de véritables symboles ici. La célèbre Beale Street est la rue la plus animée de la ville. Devenue très touristique, les magasins de souvenirs, les restaurants et les bars branchés côtoient désormais les clubs de musique live. La plupart des gens y viennent pour y faire la fête, boire des hurricanes (cocktails très sucrés) et les vrais amateurs de blues se font rares ! Alors les musiciens de la Beale Street se mettent à jouer des répertoires connus et même du rock. « I play for everybody! » (“Je joue pour tout le monde !“), nous dit Chris McDaniel. Ce chanteur, âgé de 56 ans, est né et a été élevé à Memphis où il a commencé à chanter à l’église quant il était enfant.

Dans le brouhaha de la rue, sa voix nous a attiré au comptoir du Blues Hall. The Chris McDaniel Band est un groupe très apprécié dans ce petit bar de Memphis. « It’s always about fun and I sing for people from all around the world » (C’est toujours un amusement et je chante devant des gens qui viennent du monde entier“), affirme Chris. Les habitués côtoient les nombreux touristes et tout le monde profite de l’ambiance détendue. « I love to sing but it’s not about lot of money » (“J’adore chanter mais cela ne fait pas gagner beaucoup d’argent“), explique Chris. Chaque soir, il partage avec ses musiciens les pourboires et un petit pourcentage du bar. Nous recommandons alors une bière et nous écoutons leur reprise de « Stand by me », en hommage aux vétérans et à ceux qui sont devenus sans-abris. Une honte pour l’américain qui a perdu trois membres de sa famille au Vietnam. « I sing for them, to keep the light in everybody’s mind » (“Je chante pour eux et pour que les gens gardent l’espoir“), révèle ce dernier.
« I have done my job »

Au milieu des jeunes groupes de la ville, le chanteur souhaite surtout profiter d’un peu plus de tranquillité. Il est revenu s’installé dans sa ville natale après avoir tourné durant toute sa carrière de musicien. « I want to enjoy my life now with my wife and children » (“Je veux profiter de la vie maintenant, avec mes enfants et ma femme“), raconte-t-il. Celui qui est monté sur scène avec Al Green ou encore Kool and the Gang, se dit fatigué de tout ça : « It’s difficult to be on the road. I don’t have the desire now, I have done my job! » (“C’est difficile d’être sur la route. Je n’en ai plus envie, j’ai fait mon boulot !“). Si cela ne transparaît pas quand Chris est sur scène, c’est un musicien, lassé d’une vie trop éprouvante, qui se trouve devant nous. Il préfère désormais rester chez lui, tout en allant chanter et faire la fête avec ses amis deux soirs par semaine, sans plus aucune pression. La musique est devenue son gagne-pain, juste assez pour mener une vie plus paisible.