
De son nom de rappeur Belve, Brandon Sykes vient tout juste d’avoir 25 ans et de s’installer à Detroit. Il y voit l’opportunité de s’exprimer et de s’inspirer de cette ville, chargée d’histoire. Et avec seulement quelques vidéos sur Youtube, ce fumeur de joints est un personnage qui ne nous laisse pas indifférent.
Entre deux bières, durant une pause cigarette, Brandon s’avance vers nous et entame la discussion. Il travaille dans le bar où nous sommes alors il porte un long tablier blanc. Notre cigarette n’est pas encore éteinte qu’il commence à nous montrer deux de ses vidéos sur Youtube où il rappe. L’image et le cadrage sont vraiment pas mal alors on tend l’oreille pour écouter le son sorti de son téléphone. Avec une jolie instru à l’arrière, Belve balance un flow propre et juste. Nous lui demandons s’il peut nous envoyer les liens et si ce serait possible de le revoir, il accepte immédiatement. De retour à notre motel, on écoute plus au calme et ce jeune américain de 25 ans nous impressionne, c’est du bon hip-hop, une musique planante, bien travaillée. On décide de lui donner rendez-vous le lendemain.

Et il nous pose un lapin. Il s’excuse et insiste pour qu’on se retrouve le jour suivant. Le jour J, il nous amène au studio d’enregistrement d’un ami. Mais on ne peut pas monter tout de suite, la personne n’est pas encore arrivée et Brandon attend une livraison spéciale ! Un pétard pur qu’il décide de fumer avant l’interview. Nous voilà donc, au pied de l’immeuble, en plein centre de Detroit avec notre jeune talent, les dreads tombant devant ses yeux mi-clos, qui explique qu’il adore fumer et que ça l’aide dans sa créativité. Avec son jean tombant et ses tatouages, Brandon fait parti de cette génération H (pour Hasch) de jeunes rappeurs, qui revendiquent la consommation de cannabis dans leur musique et qui en fument quotidiennement. C’est d’ailleurs comme ça qu’il a pu mettre un pied dans la musique : « I was hanging out with two guys who had good music stuff and I was smoking weed with them to integrate myself and become a friend » (“Je trainais avec deux mecs qui avaient du bon matos et je fumais du cannabis avec eux pour m’intégrer et devenir leur ami“), explique-t-il.
« I really like to be alone, in my wolrd »
Au bout d’une heure, le propriétaire du studio arrive enfin et nous nous retrouvons dans une pièce immense, avec une salle d’enregistrement et du beau parquet au sol qui contraste avec l’état de l’immeuble dans lequel nous sommes. C’est ici que Brandon a enregistré ses derniers morceaux. Originaire du Michigan où il possède The Death House, une petite salle de concert, cela ne fait qu’un mois qu’il a débarqué à Detroit et qu’il tente de se faire des contacts. « I like Detroit, a lot of people come here. There are good vibes and energies. » (J’adore Détroit, beaucoup de gens viennent ici. Il y a une bonne ambiance et une forte énergie.“), précise-t-il. Un nouveau départ donc, pour le rappeur qui a même changé son nom de scène. Avant, il postait ses musiques sur Myspace et Youtube sous le nom de B-Syke. « This name was already booked. So, I can start from scratch but with the experience that I have now » (“Ce nom était déjà réservé. Donc, je peux repartir de zéro mais avec de l’expérience“). Une expérience qu’il a acquis au fil des années et depuis tout petit déjà puisqu’à 10 ans, il commençait à s’enregistrer et à fabriquer des instruments avec des boîtes à chaussures. En plus de ses vidéos, il a également participé à de nombreux concerts, des freestyles, des 1ères parties, notamment avec Snoop Dogg ou encore Black Milk, un de ses idoles.

C’est Brandon lui-même qui écrit ses textes. Il travaille aussi de très près avec le réalisateur pour ses vidéos car il aime pouvoir contrôler toute sa production, jusqu’à sa diffusion. Le rap, c’est avant tout pour lui, c’est sa manière de s’exprimer. Selon lui, « Every artist wants to influence the world, like me but it doesn’t matter who I touch… » (“Chaque artiste veut influencer le monde, comme moi, mais peu importe qui je touche…“). Un besoin de raconter ce qu’il vit, ce qu’il ressent, ce qui le touche. Un besoin qui s’est accru après la mort d’un de ses amis qui faisait parti de son groupe de rap, alors qu’il avait 18 ans. Cet événement a particulièrement touché le jeune homme : « He was killed on the street, I didn’t see anything but I was close. We never knew who it was or why, it could have been me… » (“Il a été tué dans la rue, je n’ai rien vu mais je n’étais pas loin. On n’a jamais su qui c’était ou pourquoi il avait été tué, ça aurait pu être moi… “), raconte-t-il. Alors dès qu’il a le temps, il écrit, il note sur son téléphone tout ce qui lui vient à l’esprit. « I really like to be alone, in my world. I do it often, to find inspiration. » (“J’aime bien être tout seul, dans mon monde. Je le fais souvent pour trouver l’inspiration »), insiste le rappeur. Son nouvel EP devrait d’ailleurs sortir dans les semaines à venir donc Brandon a encore beaucoup d’histoires à nous raconter.
Deux de ses anciennes vidéos, avant qu’il ne change de nom :